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2015/11/13 - Camuz
Concerning the performance of *(se)  at Akousma 12

Avec une musique concrète, composée au synthétiseur, de Dominic Thibault, difficile de ne pas être satisfait en entendant le noise craquant, mais (presque) jamais agressant, les drones verdâtres et les basses bien couillues de l’une des pièces les mieux structurées du festival. Mis à part un moment où je voulais lui donner un coup de règle sur les doigts pour un excès de décibels, une telle maîtrise de l’agression, c’est prodigieux.

http://www.camuz.ca/article/akousma-les-coups-de-couleur


2015/10/30 - artfactstories

concerning *(se) performance at Akousma 12

Alors que Dominic Thibault s’installe à l’îlot central pour clore la soirée, rien n’annonce l’oppression qui émane pourtant de sa création *(se). Au programme on lit plutôt un développement en huit mouvements qu’on imagine relativement calmes, puisqu’y sont évoquées la contemplation, l’obéissance, l’attente :

*obéir
*contempler
*vouloir
*attendre
*croire
*isoler
*perdre
*nier

Erreur. L’oeuvre s’ouvre sur des sonorités suraiguës en continuité directe avec ce qui l’a précédée. Immédiatement, ce décollage se retrouve immergé dans un brouillard grésillant qui se transforme sitôt en vagues, des gros rouleaux. Ce paysage n’a pas l’air d’une plage paradisiaque, et le temps n’y semble pas reposant. Chaque phrase de trois quatre minutes se développe autour d’intenses montées et descentes poussées jusqu’à un seuil de tolérance.

Mon regret personnel était d’y entendre des sons et phénomènes trop figuratifs, des pétarades de fusils lointains, des démarrages d’engins motorisés de grande envergure, des fusées de détresse ou feux d’artifice dont la forme en bouquet final produisait peu de surprise et suscitait difficilement l’intérêt. À un certain moment toutefois, avant un retour cyclique aux vagues de l’avant-dernier mouvement, l’excès de ces montagnes russes atteint semble-t-il un paroxysme chargé d’un autre sens. On y perçoit, en flou, des symboliques plus psychologiques de phases agressives, dépressives, des piques d’humeur qui submergent la raison. Et en parallèle, un travail d’assourdissement du mal par l’antithèse : le silence, l’isolement, le bruit blanc, la chambre anéchoïque. La sensation quasi somatique d’une pression insupportable sur les tympans, causée par l’absence, le vide, le manque. Au-delà du plus et du trop, l’anéantissement de tout. Dans ce sens, les huit états d’ascétisme examinés par *(se) se rapprocheraient de la manifestation violente pour le corps et l’esprit de la privation, en choisissant – cela reste discutable – d’aborder cette précision chirurgicale et illuminée de la recherche de pureté par un chaos bruyant plutôt que par les multiples ressorts du minimalisme électroacoustique.

http://artfactstories.wordpress.com/2015/10/31/patience-et-fulgurances-surnaturelles/